Bonjour !
Savez-vous reconnaître les fake news ?
Il y a quelques jours, j’ai assisté à une conférence de Romain Dubreuil sur l’information, ou comment démêler le vrai du faux. Certaines informations étaient intéressantes et je me suis dit qu’elles pourraient vous intéresser, notamment pour ne pas vous faire avoir par les infox !
Un peu de vocabulaire…
Pour commencer, une information est « une fait nouveau et vérifié qui intéresse un grand nombre de personnes », comme par exemple la météo. Ce que nous appellerons une information ici, correspond bien évidement à tout ce qui a trait à l’actualité. Il peut s’agir d’un émission de radio, d’un post Facebook, d’un article de journal ou de blog !
Ensuite, pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un Deepfake (en français, hypertrucage), il s’agit d' »une technique de synthèse d’images basée sur l’intelligence artificielle. Elle sert à superposer des fichiers audio et vidéo existants sur d’autres vidéos (par exemple : le changement de visage d’une personne sur une vidéo). Le terme deepfake est un mot-valise formé à partir de deep learning (« apprentissage profond ») et de fake (« faux ») ». C’est donc une vidéo créée à partir d’une intelligence artificielle qui permet de faire dire tout ce que l’on veut à n’importe qui, et cela à l’air vrai ! Par exemple, on peut faire dire à Barack Obama quelque chose qu’il n’a jamais dit mais avec son visage et sa voix, le piège ultime !
… Et quelques chiffres
Combien de temps passez-vous à lire une information ? En moyenne, le temps de lecture concentrée sur une information est de 8 secondes ! Il faut être concis pour faire passer son message et cela laisse la place à toutes les manipulations possible, car qui va s’assurer que ce qu’il lit est vrai en 8 secondes ? Pire encore, 61% des recherches Google s’arrêtent à la page des résultats sans aller lire une page en détail ! On s’arrête donc au titre de la page et à son résumé Google, là encore, rien n’est vérifiable.
L’origine de cette instantanéité de l’information est la quantité colossale à laquelle nous sommes exposés à chaque instant, aussi appelée infobésité. En effet, si vous avez une information à traiter en 10 minutes ou 30, vous ne pourrez pas vous concentrer de la même façon et aller vérifier ce qu’on vous dit.
Quelques outils pour reconnaître les fake news sans y passer des heures
Certains pièges sont grossiers et peuvent être déjoués facilement ! Il serait dommage de se laisser prendre !
Pour les graphiques
Commencez toujours par vérifier les axes de celui-ci. Une échelle inversée ou tronquée peut complétement changer l’interprétation qu’on en fait. De même, analysez les infographies (camemberts ou dessins illustrant des rapports de taille/quantité). En effet, les différences de tailles sont souvent exagérées par rapport à la réalité des chiffres
Pour les photos
Vous pouvez aller vérifier sur tineye en faisant une recherche par le plus ancien pour voir si la photo est réellement liée au sujet traité ou s’il s’agit d’un réemploi. La recherche image inversée de Google peut compléter votre enquête.
Notez que seul le photographe de la photo connait le contexte dans lequel elle a été prise. Une même photo avec des légendes différentes fera passer un message complètement différent !
Pour la source (et oui, cela reste le principal critère de fiabilité!)
S’il ne s’agit pas d’une source connue, faites un petit tour sur l’ensemble du site pour voir si les sujets traités sont variés ou se ramènent toujours aux mêmes thèmes de façon détournée. Par exemple, un site d’extrême droite risque de ramener tous ses articles à des sujets qui le mobilise (immigration par exemple) et pourra même vous présenter des articles de la section « sport » sans aucuns résultats sportifs…
Pour les vidéos, il n’existe pas d’outil de vérification…
Il faut retenir que
- le nombre de vues n’est pas un signe de crédibilité
- elles ne sont pas des preuves car elles peuvent être manipulées
- il faut faire attention au montage des séquences de la vidéo. L’ordre des séquences d’une vidéo peut complétement en changer le sens ! Il faut donc vérifier le contexte de la vidéo
- il faut analyser les commentaires de ceux qui l’ont vue, ce qui peut vous donner des indices.
Pour les théories du complot
Le principe de base est de mêler le vrai et le faux ! Le vrai en prenant des faits connus de tous et incontestable (ou presque). Et le faux en ajoutant des information qui ont l’air vraies mais que vous n’irez pas vérifier (par exemple la traduction d’un mot allemand). Ces théories utilisent également beaucoup les corrélations (voir paragraphe suivant).
Pour les corrélations
Prenons l’exemple de l’endroit le plus dangereux au monde. Vous allez me dire qu’il s’agit d’un volcan, des zones de guerre… soit les endroits où l’on risque de mourir. Et je vous répond que 70% des gens meurent dans leur lit donc l’endroit le plus dangereux au monde est votre lit ! C’est une corrélation ! En effet, on relie deux faits qui n’ont rien à voir ensemble simplement car leurs statistiques se ressemblent. Ce qui est faux. A vous de réfléchir si le lien entre les faits que l’on vous présente comme corrélés sont crédibles ou non.
Pour les comptes sur les réseaux sociaux
Vérifiez si le compte sur lequel vous êtes est certifié, auquel cas vous êtes bien sur le compte officiel de la personnalité qui vous intéresse. Sinon, vous êtes sur un faux !
Pour le fun
Certains sites se sont spécialisés dans la fausse information et l’assument, pour le fun bien évidemment ! Vous pouvez ainsi aller faire un tour sur le gorafi et spurious correlations. Car celui qui connait les pièges se fera moins piéger !
Maintenant, à vous de jouer pour naviguer en toute sécurité dans la mer d’information et reconnaître les fake news !
A bientôt pour la suite de l’aventure !
