Bonjour,

L’année dernière, je vous ai fait le résumé d’une série de conférences sur l’histoire de la Corée données par le professeur David Mason. Il y a eu une deuxième série de conférences, toujours aussi riches en informations. Je vous propose donc une nouvelle série de 6 articles dont chacun sera le résumé d’un sujet abordé. Si vous avez l’occasion de suivre ses prochaines interventions, n’hésitez pas car il présente énormément de photos dont la plupart sont issues de ses propres voyages.

Après avoir découvert la géomancie avec maître Doseon Guksa, nous terminons notre périple à Gyeongju, l’ancienne capitale du royaume de Shilla. Initialement appelée Saro puis Seorabeol et enfin Seoul (mot générique coréen signifiant « capitale », à l’origine du nom actuel de la ville de Séoul).

L’histoire du royaume de Shilla (신라)

Le mythe date les débuts du royaume de Shilla en -57 av. J.C. Il n’y avait cependant pas de roi à cette époque mais plutôt une fédération  6 de tribus de l’âge du bronze dont on trouve des traces entre les années 200 et 356. Dans les années 300, Shilla n’est donc encore qu’un ensemble de tribus et non un véritable royaume. C’est alors que le bouddhisme et la culture chinoise commencent à arriver en Corée pour être adoptées dès 372 par Goguryeo, 384 par baekje. Mais il faudra attendre 527, malgré les progrès apportés, pour leur intégration à Shilla qui les avait rendues illégales pendant de nombreuses années. Toute personne pratiquant le bouddhisme était en effet condamnée à mort. Ainsi, entre 356 et 527, les tribus sont menées par un chef au statut héréditaire et en 527, un roi est instauré sur les principes chinois et bouddhistes, ce qui marque réellement la naissance du royaume de Shilla qui durera jusqu’en 668 avant de devenir la dynastie unifiée de Shilla de 668 à 935. Son déclin, dont sont témoins Doseon et Go-un, s’amorce dans les années 800 avec l’éclatement d’une guerre civile entre 780 et 935. La période entre 600 et 800 constitue le premier âge d’or de la Corée.

Les historiens pensent que la région de Gyeongju abritait plus d’1 million de personnes dans les années 800, contre moins d’un quart aujourd’hui ! C’était ainsi l’une des 5 plus grande ville du monde.

Le royaume de Shilla fonctionnait avec un système de « castes » dont a « caste sacrée » dont sont issus les rois, la « caste des vrais » qui a accès aux plus hauts postes du gouvernement et d’autres castes dont le niveau détermine le niveau des postes accessibles. Comme dans tout système de ce type, la caste la plus élevée a fini par s’épuiser et ne plus avoir assez de membres. C’est ainsi que vint au pouvoir la première reine (Seon-deok) au début des années 600. Sa successeure et elle-même n’ayant pas de fils, le pouvoir est ensuite donné à un membre de la classe inférieure, le roi Muyeol qui permit l’unification des royaumes. Cependant, même la classe des vrais finit par s’effondrer.

Go-un étant seulement issu d’une classe moyenne, il ne pouvait ainsi pas accéder aux plus hauts niveaux.

Les sites culturels de l’UNESCO

4 des sites UNESCO de la Corée sont situés à Gyeongju :

  • le temple de Bulguk-sa (temple du royaume de Bouddha) et la grotte de Seokgul-am. Ce sont des chefs-d’œuvre de science, de technologie et de design architectural. On y voit notamment la méthode de construction « geuraenggi-jil » (그랭애질), utilisant la forme naturelle des pierres associée à quelques pierres sculptées pour s’adapter à ces pierres non retouchées et les caler, pour faire les fondations.
    • Bulguk-sa, construit entre 750 et 775, était quasiment détruit en 1910. Il a été complétement reconstruit. Les deux pagodes présentes dans la cour (pagode de Bouddhas et pagode des nombreux trésors [présente sur la pièce de 10 Wons]) représentent le yin et le yang, le féminin et le masculin, la terre et le ciel.
    • La grotte de Seokgul-am, datant de 750-780, est la seule en son genre en Corée et l’une des plus belles au monde. Il s’agit d’une grotte abritant une statue de bouddha et dont les murs sont couverts de sculptures. Elle a été redécouverte par un facteur japonais et a été complétement restaurée à partir des ruines trouvées.
  • les sites historiques de Gyeongju
    • Wolseong, selon les principes de la géomancie, est l’une des rares zones adaptées pour installer une capitale avec Séoul et Jeonju car elle présente un système montagneux pour la protéger et des rivières pour l’alimenter. On y trouve :
      • Les ruines du palais
      • La mare Anapji du palais de l’Est qui a été créée artificiellement  et offre un magnifique paysage.
      • La tour astronomique de Cheomseong-dae. Construite au début des années 600 sous le règne de la reine Seon-deok, elle est constituée de 30 couches de pierre, représentant les 30 jours d’un mois, et chaque couche est composée de 12 pierre, pour les 12 lunes d’une année.
    • Le parc des tumuli, les tombes royales de Shilla. L’une d’entre-elle, la tombe Cheonma-chong (tombe du cheval blanc), est ouverte au public. Elle date des années 500.
    • Hwangnyong-saji. Il s’agit de 2 temples bouddhistes :
      • Bunhwang-sa, construit en 634, dont la particularité est la forme de ses pierres, taillées comme des briques. Il est considéré comme la plus ancienne pagode de Shilla.
      • Les ruines de Hwangnyong-sa, le temple du dragon impérial, un des plus grand temples jamais  construit en Corée. Il aurait été à l’origine destiné à devenir un palais et a servi de 540 aux années 700. En son sein, une tour, la plus haute de son époque, a été érigée sur 9 niveaux en 643. Elle est restée debout plus de 600 ans malgré des tremblements de terre ! Mais elle fut détruite par les mongols.
    • Le mont Nam-san est zone montagneuse avec de nombreux éléments bouddhistes (122 temples, 53 statues, 80 pagodes et lanternes), comme par exemple :
      • Geumo-sa, la montagne de la tortue dorée
      • Yongjang-saji, les ruines d’un temple
      • Chilbul-am, le rocher aux 7 bouddhas
      • Sambul-sa, le temple à la triade de bouddhas
      • Gamshil-bul, le bouddhas à la niche
      • Sangseon-am, le bouddha taillé dans une falaise autour de 675
      • Okryong-sa, le rocher des bouddhas aux 4 faces, autour de 600
      • Bori-sa, avec l’une des plus belles statues de bouddha en Corée, autour de 700
    • Seondo-san, la montagne de la pêche immortelle, à l’ouest. A son sommet, on trouve les ruines d’un temple et à sa base, la tombe du roi Muyeol.
  • Les villages historiques de Hahoe et Yangdong
    • Yangdong est un village aristocratique de 2 familles du 3ème age d’or de la Corée (le début de la dynastie Joseon (1392-1592), le néo-confucianisme remplace le bouddhisme). Ce sont toujours ces familles qui l’entretiennent. La décoration des bâtiments est d’une simplicité typique du néo-confucianisme et tous les fils électriques y sont enterrés, préservant l’ambiance du site.
  • Les 9 Seowon (académies néo-confucéennes)
    • La Seowon Oksan (la montagne de jade), établie en 1572, a de forts liens avec Yangdong et l’une d’entre-elles. Des cérémonies y sont toujours organisées.

Le musée national de Gyeongju réunit également de nombreux objets très intéressants :

  • Notamment la « cloche Emille », qui est la cloche divine du roi Seongdeok. Réalisée en 771, elle pèse 19 tonnes, c’est la plus grosse cloche jamais créée en Corée !
  • Les objets originaux découverts dans la tombe Cheonma-chong
  • Et bien d’autres objets passionnants.

Et voilà, vous savez tout sur les trésors de l’ancienne Gyeongju ! Nous voici à la fin de cette série d’articles sur l’histoire de la Corée.

La semaine prochaine, nous changeons de registre et retournons parler de taekwondo.

A bientôt pour la suite de l’aventure !

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