Bonjour,
Cet été, j’ai suivi une série de conférences sur l’histoire de la Corée données par le professeur David Mason. C’était extrêmement intéressant donc je vous propose une série de 4 articles dont chacun sera le résumé d’un sujet abordé. Si vous avez l’occasion de suivre ses prochaines interventions, n’hésitez pas car il présente énormément de photos dont la plupart sont issues de ses propres voyages.
Après le shamanisme, nous partons dans l’univers du bouddhisme, très important dans la culture coréenne puisque 70% des trésors nationaux de la Corée en sont issus !
Histoire du bouddhisme en Corée
Le bouddhisme est originaire du nord-ouest de l’inde et s’est diffusé depuis -250 av. J.C. par la volonté du premier empire indien qui envoyé des émissaires un peu partout. Ceux-ci avaient pour mission d’enseigner les principes bouddhiques aux nobles et n’avaient aucune influence directe sur le peuple. Le principe des rois et royaumes s’est également propagé par le bouddhisme qui soutenait ce système.
Le bouddhisme est ainsi d’abord arrivé en Chine vers 180/200 avant d’arriver en Corée dans les années 300. Le bouddhisme est donc venu en Corée enrichi des influences chinoises du taoïsme et du confucianisme.
Les royaumes de Goguryeo et Baekje ont rapidement adopté le bouddhisme (respectivement en 372 et 384). Le royaume de Shilla l’a, quant à lui, rejeté pendant longtemps car il considérait qu’avoir le shamanisme comme religion était suffisant. Il a fini par l’accepter comme religion officielle en 527.
Il est resté la religion principale jusqu’en 1400 environ avant de disparaître avec la mise en place de la période Joseon. Le bouddhisme est redevenu une religion autorisée en 1907 après sa légalisation par les japonais dont il est la religion principale.
A noter que le bouddhisme coréen prône le célibat, ce qui n’est pas le cas du bouddhisme japonais. Cela a conduit à des conflits pendant l’occupation japonaise et les années qui ont suivi. De nos jours, le célibat est à nouveau la règle.
Les principes du bouddhisme
Il existe trois types de bouddhisme dans le monde :
- le Theravada correspond au bouddhisme le plus traditionnel et est présent essentiellement en Asie du sud et du sud-est.
- le Vajrayana est un bouddhisme plus mystique, influencé par le shamanisme, qui évoque par exemple d’autres univers. Il est principalement pratiqué au Tibet, Népal et en Mongolie.
- le Mahayana est le bouddhisme adapté à la pensée chinoise et se retrouve en Asie du nord-est et nord-ouest, dont la Corée où il est nommé Daesong Bulgyo. Il comporte trois sous-catégories qui coexistent en Corée :
- la dévotion qui est basée sur la vénération de Bouddha avec des prières, des cérémonies… et qui croie au pardon et à l’enfer.
- l’instruction qui permet de devenir un maître par l’étude des textes, des examens…
- la méditation qui permet d’atteindre le stade de l’éveil par la simple méditation guidée par un maître. Cette pratique est née en Chine dans les années 500. L’éveil est atteint lorsque l’élève possède la sagesse, la compassion et la générosité.
Le bouddhisme en Corée
Le bouddhisme coréen se distingue des autres par 8 caractéristiques :
- un fort lien avec la nature issu du shamanisme et du taoïsme. Contrairement à la Chine où le bouddhisme et le taoïsme se considèrent comme des ennemis. Chaque temple possède ainsi sa représentation du roi dragon (Yong-wang), le dieu de l’eau, à proximité de la source du temple. La présence de l’esprit de la montagne (san-shin) est également importante.
- la préservation des rituels ancestraux. Les cérémonies sont toujours conduites de la même façon depuis plus de 100 ans.
- l’harmonie entre les trois écoles de pensées du Daesong Bulgyo en un bouddhisme national en 1200 par Bojo Ji-nul et Taego Bo-u, ce qui constitue une exception dans le monde. Cependant, il reste une division en ce qui concerne l’éveil qui est considéré comme acquis par Taego Bo-u une fois atteint tandis que Bojo Ji-nul considère qu’il est réversible.
- la recherche de la bonne fortune par des prières aux bodhisattvas.
- des pagodes aux formes différentes qui intègrent des éléments de shamanisme (Dol-tap).
- la forte répression dont il a fait l’objet à partir de 1398 qui a conduit à la prédominance des temples de montagne après 500 ans d’exil et de pauvreté.
- le rôle de défense du pays des moines guerriers (Hoguk Bulgyo) comme les Hwarang de Shilla. Ces moines étaient notamment adeptes du bouddhisme zen (Seon Bulgyo) qui s’est développé à partir des années 800. Il est basé sur un système fort du maître et du disciple avec une loyauté à la nation. Ces moines se sont battus sous la direction de maître Seosan lors de l’invasion japonaise de 1592-1598. Samyeong et Yeonggyu sont également des moines guerriers célèbres. Les moines guerriers ont également participé au mouvement d’indépendance lors de la dernière occupation japonaise.
- les temples des trois trésors (Sambo Sachal) :
- le temple de Boudha, le professeur : Yeongchwi-san Tongdo-Sa
- le temple du Dharma, la doctrine : Gaya-san Haein-sa
- le temple du Sangha, les institutions d’enseignement : Jogye-san Songgwang-sa. Ces institutions sont actives dans le monde entier.
Évolution récente du bouddhisme en Corée
De nos jours, le bouddhisme coréen a intégré de nombreux éléments du christianisme comme l’action sociale, l’éducation, les chorales… Les moines participent également à la vie politique par les mouvements écologiques et démocratiques.
Depuis les années 1990, le bouddhisme s’est largement ouvert sur le monde. Les séjours en temples (Temple-stay), depuis 2002, en sont la manifestation la plus visible.
Voilà pour le sujet du jour ! La semaine prochaine nous nous pencherons sur le néo-confucianisme.
A bientôt pour la suite de l’aventure !

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