Bonjour,
Cet été, j’ai suivi une série de conférences sur l’histoire de la Corée données par le professeur David Mason. C’était extrêmement intéressant donc je vous propose une série de 4 articles dont chacun sera le résumé d’un sujet abordé. Si vous avez l’occasion de suivre ses prochaines interventions, n’hésitez pas car il présente énormément de photos dont la plupart sont issues de ses propres voyages.
Après la première conférence sur l‘histoire de la Corée et ses sites de l’UNESCO, nous voici partis à la découverte du shamanisme ! Que l’on y croie ou non, connaître ces quelques notions sur le shamanisme vous permettra de mieux comprendre les traditions coréennes.
Histoire du Shamanisme en Corée
Le shamanisme est originaire de Sibérie et a commencé à se propager il y a environ 5000 ans. Le tribus ayant apporté ces croyances ont souffert des maladies locales et ont également été tuées par les populations locales. Le shamanisme a souvent été perçu comme un type de thérapie, personnelle, familiale ou communautaire qui résoud les problèmes du monde.
De part son importance dans la communauté, le shaman était souvent le leader de la tribu. Ainsi, à l’époque de Shilla, les rois étaient considérés comme des shamans même s’ils ne pouvaient pas communiquer avec les esprits.
Le shamanisme a ensuite continuellement évolué. Lors de l’apparition du bouddhisme, il a intégré des éléments du shamanisme afin de se faire accepter localement. C’est ainsi qu’on trouve parfois un couple de totems à l’entrée des villages. Ceux-ci sont censés éloigner les mauvais esprits. Puis les premiers autels sont apparus à l’époque Goguryeo lors de l’intégration d’éléments du taoïsme chinois.
Ensuite, avec la mise en place de la dynastie Joseon, le shamanisme a été continuellement oppressé et réprimé par le gouvernement néo-confucianiste et ses fonctionnaires. C’est à cette période que les femmes commencent à devenir shaman car le shamanisme est perçu comme une croyance de roturiers et que les femmes sont dévalorisées.
De nos jours, le shamanisme n’est toujours pas légal en Corée à l’exception de quelques festivals et évènements tels que le Gangneug Dano-je ou le festival de Gyeryong-san. Ceci serait dû au fait que les chrétiens refusent de le reconnaître comme une religion. Ainsi, lorsque des cérémonies ne fonctionnent pas, il n’est pas rare de voir des clients porter plainte pour fraude.
Selon les estimations, la Corée compterait 100 000 shamans dont l’activité générerait 2.5 milliards de won…
Les principes du shamanisme
Le shamanisme repose sur plusieurs principes :
- Il y a un esprit en chaque chose et cet esprit a une personnalité. Par exemple, les esprits des animaux et des hommes sont rapides et chauds. Ceux des plantes sont frais et tranquilles tandis que ceux des montagnes, des pierres et de la terre sont lents et très froids.
- Tout évènement est provoqué par un esprit, que ce soit la bonne ou la mauvaise fortune, les maladies ou les guérisons, les évènements naturels… Chaque esprit a ainsi un « métier » et n’est donc ni bon ni mauvais. Par exemple, l’esprit du cancer a pour métier de provoquer des cancers.
- Les esprits ont une volonté, des émotions et veulent recevoir de l’attention.
- Ils peuvent communiquer avec les hommes, le plus souvent par l’intermédiaire de transes induites par la musique ou la dance.
- Les rituels influencent le comportement des esprits. Ainsi, si on souhaite que l’esprit change, il va changer.
- Les shamans sont ceux qui arrivent à communiquer avec les esprits. Certains peuvent les voir ou sont possédés.
- Le shamanisme est parfois considéré comme proche de maladies mentales comme la schizophrénie.
Le shamanisme en Corée
Les shamans célèbres en Corée
Selon les croyances coréennes, la princesse Patwi était le premier shaman coréen. Une autre shaman très connue st Kim Keum-hwa, décédée en 2018 et qui a contribué à la reconnaissance de patrimoine culturel qu’est le shamanisme.
Les esprits coréens
Tout et n’importe qui peut devenir un esprit. Par exemple, Dangun est devenu un esprit.
Il existe une hiérarchie dans les esprits. Ainsi, les plus puissants sont les esprits de montagne (산신), suivi, par rode décroissant :
- les gardiens militaires, royaux et les héros
- les ancêtres
- les anges et les démons, les étoiles
- la fécondité (la grand-mère et les triplets) et les maladies
- les animaux et les arbres, les dragons
- les personnages mythiques ou célèbres
Devenir shaman
L' »appel » du shaman se présente souvent sous la forme de la « maladie de l’esprit » (신병). En effet,la personne est malade physiquement ou mentalement mais les médecins n’arrivent pas à la soigner. C’est alors qu’un shaman peut venir vous voir et vous informe que l’esprit vous demande de devenir shaman.
Ensuite, le shamanisme s’enseigne oralement de professeur à apprenti pendant de longues années (en général 20 ans !). L’apprenti devient shaman lors d’une cérémonie d’initiation.
Une fois initié, le shaman se fait payer par le client qui paye à la fois le shaman et l’esprit. Le shaman garde également l’offrande fait à l’esprit. Ainsi, un shaman peut devenir riche.
A noter, parfois l’activité se transmet héréditairement (« shamanisme du sud ») même si les descendants ne peuvent pas communiquer avec les esprits. Cette pratique tend à disparaître au profit du « shamanisme du nord » basé sur la possession.
Le gut, cérémonie shamanique
Le shamanisme coréen utilise de nombreux moyens lors de ses cérémonies : couleurs vives, dances, musiques (cloches, cymbales, tambours…), drapeaux, armes, feux, offrandes… Ces cérémonies (« gut » en coréen) ont pour but d’être possédé par l’esprit invoqué, d’entrer en transe voir de faire voyage dans le temps ou vers les cieux. A l’apogée du shamanisme, les « gut » pouvaient durer jusqu’à 72 heures !
Ces cérémonies se déroulent devant des autels, des espaces naturels sacrés (notamment les montagnes sacrées) ou chez le client.
Voilà pour le sujet du jour ! La semaine prochaine nous nous pencherons sur le bouddhisme.
A bientôt pour la suite de l’aventure !

[…] le shamanisme, nous partons dans l’univers du bouddhisme, très important dans la culture coréenne puisque […]